FNAC de Nancy - espace numérique - Du 3 au 17 novembre 2008
Institut de l’Information Scientifique et Technique du CNRS - Du 18 novembre au 19 décembre 2008
On arrive au regard intérieur en fermant légèrement les yeux, à l’instar des presbytes qui ont la paresse de chausser des lunettes et qui s’efforcent de lire un texte imprimé en caractères trop petits pour leurs bras trop courts.
On se concentre et, en serrant l’iris, on essaie de voir ce qui auparavant était à peine entrevu. On parvient à négliger la texture – matière organique ou inorganique, tels peau douce ou béton rugueux – afin de mieux percevoir les lignes et les couleurs et construire une image latente. On élimine le superflu et on garde l’essentiel.
On ouvre les yeux et la nouvelle image s’imprime sur celle qui était accessible dès le départ. On a réussi à y poser le regard intérieur.
On peut refaire l’opération autant de fois que nécessaire pour réussir, ou abandonner l’effort, en s’apercevant qu’on a fait fausse route.
Le regard intérieur est à la fois l’image cachée qu’on découvre et la projection mentale du spectateur.
On voit et on se voit.